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Une aventure stressante en milieu extrême PDF Imprimer Envoyer
Photo Républicain Lorrain

Le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) de Lorraine organise jeudi 18 octobre à 18 h une soirée-débat à Auchan. Le dixième volet de la série de documentaires sur la profession de chercheur, dont le thème est le « stress en milieu extrême », sera proposé, et sera suivi d'échanges avec le chercheur Benoit Bolmont.
Rencontre avec le réalisateur Philippe Thomine.

Dans quelle série s'inscrit ce volet ?
Philippe THOMINE : « Avec le Service audiovisuel et multimédia de l'Université de Lorraine de Metz, on s'est lancé dans une série de portraits de chercheurs de la région, destinés à un public lycéen. On en a réalisé une dizaine, sur par exemple la biologie (des chercheurs qui font des analyses de marqueurs animaux-plantes pour déterminer la pollution d'un milieu), la métallurgie (l'usinage de métaux à très grande vitesse), la chimie pure (retraitement des piles usagées) ou encore la géographie. Ce volet sur le stress en conditions extrêmes devrait être le dernier. J'ai suivi l'équipe de psychologues de Benoit Bolmont du laboratoire d'automatique humaine et de sciences comportementales de Metz, dont le sujet de recherche est d'étudier les réactions des individus en milieu extrême. »

Pourquoi de tels films ?
« Pour que les jeunes aient une vision claire de ce qu'est la recherche et pour favoriser l'accès aux métiers scientifiques. La tendance : une certaine désaffection de ces disciplines, à cause d'images caricaturales de la recherche, avec par exemple des vieux savants éloignés des réalités. Là, on voit de jeunes chercheurs, leurs passions, leurs vies. Et on voit que leurs travaux sont ancrés dans la réalité. »

Que montrez-vous dans votre documentaire ?
« L'équipe de Benoit Bolmont reçoit des jeunes étudiants volontaires, tous des garçons, tous droitiers, pour avoir un groupe uniforme. Ils sont emmenés à côté de Bordeaux, dans une base, dans les locaux de Novespace, puis montent dans un avion qu'on appelle Zéro-G. C'est-à-dire qu'il est spécialisé dans la recréation de l'apesanteur. L'avion décolle, puis va faire des paraboles, 32 par vol, avec au total 4 vols. Le tout pendant des périodes, avec transitions brutales entre chaque. Les étudiants perdent tous leurs repères de l'attraction terrestre, ce qui crée un stress violent. On leur demande pendant le vol d'accomplir des tâches précises : appuyer sur des boutons pour réagir à des stimuli (tactiles, visuels, etc.) et compter de 3 en 3 en descendant, à voix haute. Et on analyse comment ils réagissent, en mesurant leur transpiration, leur rythme cardiaque... »

Peut-on appeler ça de la torture ?
« (Rires). Non, ces informations peuvent être utiles pour des astronautes, des pilotes ou encore des pompiers : on saura mieux comment leur apporter des infos. Exemple : comment prévenir un pompier qui s'engouffre dans un incendie ? Visuellement ou par la parole ? »

Le film dure un peu moins de 30 minutes ?
« Oui. Il est très dynamique, car tout a été filmé : les vols (par une caméra embarquée), l'équipe de recherche, qui est vraiment sympathique... C'est une aventure spectaculaire, avec des moments libres en apesanteur qui se révèlent amusants, par rapport à d'autres recherches plus austères. Le documentaire est disponible pour tous les lycées et collèges de Lorraine. Une projection est intéressante quand elle est accompagnée par l'intervention d'un chercheur. »

© Le Républicain Lorrain
Samedi 6 Octobre 2012