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Rencontre avec Bernard Sembritzki, président du « Cercle économique » et directeur du cabinet de recrutement W+ST à Saarbruck PDF Imprimer Envoyer
Photo Bernard Sembritzki

« Crise économique, plan de sauvetage de l’Euro, chômage… », autant de notions qui font les gros titres dans les médias. Au cœur de ce tableau assombri de l’Europe, les organismes de formation se doivent d’être le lieu d’une impulsion nouvelle, en étant à la fois initiateurs et acteurs de solutions innovantes permettant de surmonter ces nouveaux défis.
Pour sa troisième édition, le Pôle de formation transfrontalier s’est adressé à Bernard Sembritzki, acteur économique du territoire frontalier sarro-lorrain. Il nous a livré, au cours d’une interview, ses analyses sur le développement économique et les opportunités offertes par la Grande Région, ainsi que sur le rôle que peut jouer le Pôle de formation transfrontalier afin d’accompagner au mieux la prise en compte de ces enjeux sur le territoire.

 

 

La crise économique est à l’heure actuelle un sujet récurent. Pensez-vous que les régions frontalières, comme la Sarre et la Lorraine, du fait de leurs spécificités, peuvent espérer voir diminuer les effets de la crise sur leurs territoires ?
Non, je ne pense pas. La crise économique qui nous touche à l’heure actuelle se fait ressentir à l’échelle mondiale. La baisse de la consommation dans les pays du sud de l’Europe a par exemple des conséquences sur les résultats économiques de la Sarre et de la Lorraine. Cependant, les régions frontalières ont l’avantage de pouvoir tenter de trouver un équilibre entre les situations régionales qui les composent, et peuvent tirer profit de la complémentarité des besoins et demandes de part et d’autre de la frontière. C’est la grande chance de cette région frontalière, et malheureusement elle n’est pas suffisamment prise en compte.

Quelles sont selon vous les compétences qui doivent être renforcées afin de soutenir les contacts frontaliers ?
La maîtrise de la langue du voisin est bien sûr un facteur essentiel du développement des échanges et de la coopération sur le territoire transfrontalier. Mais en premier lieu, c’est la compréhension entre les pays frontaliers qui doit être soutenue, ce qui passe par la réactivation et l’encouragement de l’intérêt pour le pays voisin. A partir du moment où les hommes, les entreprises et les politiques ont une image positive du pays voisin, le problème de l’apprentissage de la langue se règlera de lui-même. C’est pourquoi, des initiatives telles que l’organisation de manifestations transfrontalières ou la sensibilisation aux thématiques transfrontalières des entreprises sont essentielles.
En tant que directeur d’un cabinet de recrutement qui travaille sur le territoire frontalier, je peux dire que les qualifications techniques de part et d’autre de la frontière sont comparables : un français disposant de qualifications techniques peut travailler en Allemagne avec ses connaissances, et inversement. Le problème se retrouve plutôt dans le manque de compétences interculturelles, et cela vaut autant pour les salariés que pour les chefs d’entreprises. Ces compétences sont pourtant la clé pour le développement de la collaboration transfrontalière et pour l’ouverture d’un marché transfrontalier.
Comment fonctionne le marché français ? Comment est organisée une entreprise en Allemagne ? Quelles sont les rapports de hiérarchie en vigueur au sein d’une entreprise ? Comment puis-je gérer au mieux une équipe binationale ? Les professionnels doivent être accompagnés dans la résolution de ces problématiques.

Quel doit être selon vous le rôle du Pôle de formation transfrontalier (en tant que lieu de la coopération entre un établissement supérieur français et allemand) dans le soutien des échanges transfrontaliers ?
La mise en œuvre d’un projet de formation innovant sur un territoire est toujours un signe très positif : tant qu’une stratégie dans le développement de la formation existera, il y aura de l’avenir.
Les objectifs du Pôle de formation transfrontalier d’ « informer les PME et les professionnels sur les opportunités du territoire transfrontalier » coïncident avec ce que j’ai explicité plus haut : l’intérêt et la curiosité envers le pays voisin doivent être réveillés, les personnes doivent pouvoir entrer en contact. L’augmentation des compétences interculturelles joue également un rôle important, en ce sens qu’elle permet une meilleure compréhension et une plus grande mobilité au sein de l’espace économique transfrontalier.

 

© Le Pôle de formation transfrontalier
Mercredi 31 Octobre 2012