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Nouveaux métiers de la santé au travail PDF Imprimer Envoyer
@Republicain Lorrain

Avec la réforme en profondeur de tout le système de la santé au travail, le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) a mis en oeuvres des formations pionnières. En Lorraine notamment.

«Peut-on réformer la médecine du travail en France ? » Cette question, un brin provocatrice, a été posée à Metz, lors de la table ronde organisée par le Cnam (Centre d'enseignement des arts et métiers ParisTech) autour des nouveaux métiers de la santé au travail. L'interrogation porte en elle tous les écueils et les inquiétudes de la mutation profonde vécue par ce secteur.

Dès l'après-guerre, près de 8 000 médecins se sont égaillés dans les entreprises de l'industrie et du commerce pour veiller sur la santé des salariés. Ce modèle, unique en son genre dans toute l'Europe, s'est étendu aux autres secteurs d'activités. Mais le temps où le médecin du travail se contentait de prendre le pouls et la tension du salarié, est dépassé depuis longtemps. Aujourd'hui, les médecins balaient largement les risques et les dangers engendrés par les conditions de travail, et n'oublient plus d'évoquer la prévention.

L'affaire de l'amiante a semé les graines de ce nouvel état d'esprit, s'accordent à dire les professionnels. L'Etat a été mis en cause, des médecins ont été jugés, des victimes indemnisées. Et les protagonistes ont commencé à réfléchir ensemble.

La mission de la médecine du travail a évolué, mais pas son organisation, traditionnellement centrée sur le médecin assisté d'une secrétaire. C'est là qu'entre en jeu la réforme. Désormais, la médecine du travail s'intègre dans l'idée de santé au travail. Elle s'insère dans un équipage pluridisciplinaire qui regroupe des professionnels de l'organisation, des infirmières spécialisées, des assistantes (les anciennes secrétaires médicales).

Ce sont justement les formations à ces nouveaux métiers que le Cnam a mis en place dans quelques régions pionnières, dont la Lorraine. Les premières promotions viennent d'en sortir. Les nouveaux diplômés devront se faire une place dans un système balbutiant, et les médecins devront apprendre à travailler en équipe avec ces nouvelles recrues.

Les promotions du Cnam (licence pro Santé évaluation et gestion des risques pour la santé et la sécurité dans les entreprises, et CAP assistant en santé et sécurité au travail), seront scrutées par les instances ministérielles, mais aussi par les syndicats et les employeurs. Car la santé au travail devient une cause commune - c'est du moins l'un des objectifs de la réforme de 2011.

©Le Républicain Lorrain
Avril 2014